Trop de femmes adoptent la posture de Calimero sans même s’en rendre compte
Même encore autour de la cinquantaine, trop de femmes, pourtant leaders, réussissantes pensent et disent que “la vie est injuste, trop injuste”. Oui, bien sûr, elles vivent des situations difficiles dans leur vie professionnelle, mais cette posture du Caliméro qui est la victime ne les aide pas du tout.
Je pense à plusieurs femmes que j’ai coachées dans ma carrière :
- celles qui n’ont pas obtenu la promotion professionnelle qu’elles brigaient,
- celles qui ont été reléguées sous un homme de même niveau qu’elles,
- ou encore celles qui n’ont pas été recrutées pour un poste qui aurait été dans leur zone de génie
Oui, ce sont des situations pénibles à vivre. Et c’est normal de se sentir mal, pendant un moment, le temps de digérer. Le problème, c’est quand on continue à se plaindre… et que l’on n’arrive pas à digérer la situation.
Le fait d’être victime d’une injustice remonte à l’enfance et refait surface dans ces moments de carrière difficiles
Leur situation professionnelle, si pénible soit-elle, n’a rien à voir avec l’injustice.
Encore à 50 ans, certaines dirigeantes peuvent se piéger elles-mêmes dans cette posture “caliméresque”. C’est en fait une attitude centrée sur elle-même avec cette croyance archaïque, qui remonte depuis l’enfance où la vie ne leur donne pas ce qu’elles croient mériter.
C’est une position de “victime”, “victime” : selon l’analyse transactionnelle, on se plaint sans faire de demande claire. C’est une position basse qui pousse à se dévaloriser, à placer les autres sur un piédestal et à perdre notre pouvoir sur nous et notre vie. Et cela nous rend très malheureuse.
Non seulement, on est malheureuse, et en plus, on renvoie une image négative d’une personne qui ne prend pas sa vie en main. On subit la double peine : non seulement la situation vécue est difficile, mais en plus, on se bloque soi-même en renvoyant une image peu valorisante.
Dans la réalité, et le coaching aide à se remettre dans le présent, cela n’a rien à voir avec une injustice et elles ont beaucoup plus d’options qu’elles ne le pense.
C’est un signal d’alarme, le “c’est trop injuste”. Car la vie et le monde du travail ne sont pas censés être justes.
Quizz : Les Drivers
Comment surmonter cette attitude Calimero ?
Comme quand il pleut : dire que ce n’est pas juste parce qu’on aurait préféré le soleil ne changera rien. Donc dès que vous vous surprenez à penser “ce n’est pas juste”, stop ! arrêtez-vous. C’est comme un signal d’alarme. Ne le dites même pas car cela ne change rien à la situation et cela vous dévalorise davantage.
Si besoin, faites-vous aider pour surmonter cette posture. Pensez aussi à votre enfance et aux moments où vous avez ressenti cette injustice.
-> Certaines femmes avaient beau montrer qu’elles étaient formidables, il y avait toujours leur aîné ou petit frère qui recevait tous les lauriers et pour qui la vie était juste. Mais pas pour elles.
-> Certaines ont aussi vécu des événements traumatisants ou des épreuves qui se sont répétées dans la petite enfance qui font qu’elles sont restées dans cette posture “la vie est injuste avec moi”.
Si vous vous trouvez encore parfois coincée dans ce piège, aujourd’hui, vous êtes grande et vous avez les ressources pour vous en sortir. Alors arrêtez-vous dès que vous vous entendez dire ou penser : “ce n’est pas juste”.
- Réfléchissez plutôt à ce que vous pouvez faire en tant qu’adulte pour reprendre le contrôle de votre vie.
- Connectez-vous avec votre parent intérieur, cette personne qui aujourd’hui est là pour vous guider, vous encourager, vous donne la permission d’évoluer en sécurité…
Et si vous ne savez pas encore comment faire, cherchez une aide bienveillante chez d’autres personnes bienveillantes pour retrouver votre puissance et le leadership de votre vie.
C’est tout ce que je vous souhaite, savoir passer les moments difficiles de votre carrière pour en profiter pour vous épanouir et que vos plus belles années professionnelles soient les prochaines.
Quand je me dis souvent : “ce n’est pas juste”.
C’est un signal d’alarme : je suis en train de me figer dans une position où je subis, où je rumine, et où je ne formule plus de demande claire.
Cette posture peut s’installer chez des femmes intelligentes, réussisssantes : après une promotion refusée, un entretien raté, une réorganisation injuste, ou une mise sous responsabilité d’un manager moins solide. Le point clé n’est pas de nier la difficulté : c’est de voir si, à force de me raconter que “la vie est injuste”, je m’empêche d’agir et je perds l’accès à mes options.
Parce que la plainte n’est pas une demande. Elle ressemble à : “Regardez ce qu’on m’a fait”, sans dire : “Voilà ce que je veux maintenant”. Et dans le monde professionnel, ce décalage se voit.
Sans m’en rendre compte, je peux donner l’image de quelqu’un qui ne pilote pas sa carrière, qui attend que la situation change toute seule, ou qui se dévalorise en se mettant “en bas” et en mettant les autres “en haut”.
C’est dur à entendre, mais utile : si je veux renforcer mon leadership au féminin, je dois pouvoir transformer une plainte en action, ou au minimum en demande claire et structurée.
Non, reconnaître une injustice, c’est lucide. S’y enfermer, c’est autre chose.
Je peux être confrontée à une situation objectivement défavorable (promotion refusée, plafond de verre, biais, favoritisme, organisation bancale). Le piège, c’est quand je reste bloquée dans “ce n’est pas juste” au point de ne plus penser stratégie, alternatives, alliés, négociation, mobilité interne, candidature ailleurs, ou montée en compétences.
Je fais STOP. Littéralement. Je m’arrête une seconde, je respire, et je me pose trois questions simples :
Qu’est-ce qui s’est passé ?
Qu’est-ce que je veux, moi, maintenant : une évolution, une réparation, une clarification, un plan B ?
Quelle est la prochaine action dans 48 heures ? Demander un feedback, solliciter un entretien, activer mon réseau, écrire une candidature, demander une formation…
Cette mini-structure me sort de la rumination. Elle m’aide à redevenir actrice de mon développement professionnel, même si la situation reste imparfaite.
Je commence par accepter que la déception est normale. Ensuite, je refuse la double peine : souffrir + me rabaisser.
Je peux transformer cette expérience en démarche de leadership : demander un retour précis sur les critères, identifier les compétences attendues, clarifier les jeux d’acteurs, et construire un plan de progression.
Et surtout, je me pose une question : “Si je ne l’ai pas ici, où puis-je l’obtenir autrement ?”
Parce que ce n’est pas une question d’intelligence. C’est souvent une question d’histoire personnelle et de réflexes anciens.
Parfois, je me suis construite en cherchant la reconnaissance : dans une fratrie, à l’école, dans ma famille. Si j’ai eu l’impression qu’un autre “avait les lauriers” quoi que je fasse, la phrase “ce n’est pas juste” peut devenir un automatisme. Pareil si j’ai vécu des épisodes précoces où je n’ai pas été entendue, protégée, ou soutenue.
Dans l’analyse transactionnelle, on parle de position de vie et de dynamiques où je me mets en “position basse” (moi moins, les autres plus). La plainte répétée sans demande peut ressembler à une manière de rester dans une place où je subis, au lieu de choisir une posture d’adulte qui agit.
Ce cadre m’aide parce qu’il ne moralise pas : il donne une grille de lecture.
Je peux garder un ton calme et ferme, et structurer ma demande en trois étapes :
Faits : “Voici ce qui s’est passé.”
Impact : “Voilà ce que cela produit sur mon travail / ma mission.”
Demande : “Voici ce que je demande concrètement.”
C’est du leadership, pas de l’agressivité. Et c’est souvent libérateur : au lieu de tourner en rond dans une impression d’injustice, je pose un cadre, je clarifie, et je teste la réalité. Si la réponse est floue ou défensive, j’ai une information précieuse pour la suite de mon plan de carrière.
Je me pose la question : qu’est-ce qui est sous mon contrôle, ici ?
Par exemple : clarifier mes priorités avec mon manager, documenter mes résultats, trouver des alliés internes, choisir mes batailles, demander une médiation RH si nécessaire, ou préparer une mobilité.
Le point important : rester dans “c’est injuste” me laisse sans levier. Revenir à une posture adulte me redonne des options.
Je le vois comme une voix interne stable, qui me parle avec respect et exigence. Une voix qui me dit : “Ok, c’est difficile. Maintenant, qu’est-ce que vous choisissez ?”
Je peux le développer en m’entraînant à :
me parler avec soutien (sans complaisance),
me rappeler mes ressources et mes preuves,
chercher des environnements bienveillants (mentor, pairs, coaching) quand je n’y arrive pas seule.
Ce n’est pas “penser positif”. C’est construire une sécurité intérieure qui me permet d’agir, même quand la vie professionnelle n’est pas juste.
Vous connaissez le programme Woman Impact ?
Les points clés à retenir
⭐ Le “syndrome de Calimero” se manifeste souvent par la phrase répétée : “ce n’est pas juste”, qui signale une posture de plainte plus qu’une analyse stratégique.
⭐ Reconnaître une injustice est légitime, s’y enfermer affaiblit le leadership et limite les options professionnelles.
⭐ La plainte n’est pas une demande : se plaindre sans formuler clairement ce que l’on veut renvoie une image de passivité dans le monde du travail.
⭐ Se positionner en victime place inconsciemment les autres “au-dessus” et soi “en dessous”, ce qui affaiblit la posture professionnelle et la crédibilité.
⭐ La posture de plainte entraîne une “double peine” : souffrir de la situation et, en plus, se bloquer soi-même dans l’inaction.
⭐ Dire “ce n’est pas juste” ne change pas la réalité. Se poser la question “qu’est-ce que je fais maintenant ?” redonne du pouvoir d’action.
⭐ Nous avons souvent plus d’options que nous ne le pensons : plan B, repositionnement, demande claire, mobilité, stratégie alternative.
⭐ Certaines réactions face à l’injustice trouvent leurs racines dans l’histoire personnelle (fratrie, reconnaissance, expériences précoces), ce qui explique leur caractère inconscient.
⭐ Sortir de cette posture demande une décision adulte : reprendre la responsabilité de ses choix professionnels et de son évolution.
⭐ Développer un “parent intérieur” soutenant permet de retrouver sécurité intérieure, puissance et leadership personnel.



