Combien de votre entourage professionnel se rabaissent sans même s’en rendre compte ?
Dans les entreprises comme dans la vie personnelle, il est fréquent d’entendre des personnes se dénigrer. Et si vous pouviez les aider à se voir autrement ?
Dans mon métier de coach en leadership féminin, j’accompagne souvent des femmes qui doutent profondément de leur valeur. Mais ce que je remarque tout autant, c’est la difficulté que nous avons à soutenir ceux qui nous entourent quand ils se dévalorisent.
Que ce soit un collègue brillant qui minimise tout ce qu’il accomplit, un ami qui s’excuse d’exister dès qu’il prend la parole, ou un manager qui doute sans arrêt de ses décisions, il peut être déroutant de savoir comment réagir.
Dans cette vidéo, je vous propose une approche concrète et bienveillante pour arrêter de se dévaloriser. Pas pour les convaincre, ni pour corriger, mais pour leur offrir un espace plus juste et plus ancré.
Trop de femmes se dévalorisent personnellement et professionnellement
Cela m’attriste de voir les femmes formidables que je coache se dévaloriser.
Je suis actuellement en Grèce, dans l’un des stages de constellations familiale et systémiques que je propose tous les ans, pour travailler vraiment profondément sur soi, et je vois que certaines participantes se dévalorisent en disant,
- “Oh non, je suis trop bête”,
- Ou “oh quelle andouille”,
- Ou “oui, mon petit boulot…”,
- Ou “mon petit business…”
Un mot clé pour arrêter de se dévaloriser
Je leur ai proposé de dire un mot clé à chaque fois que l’une d’entre nous se dévalorise.
Le mot-clé que l’on a choisi spontanément est “pistache”, faisant référence à l’île de la pistache, l’île d’Égine. Et au fait que l’on en mange beaucoup !
Le premier jour du stage, on a dit “pistache” une dizaine de fois…
Et au fur et à mesure des jours, on a de moins en moins dit ce mot “pistache”.
C’est vraiment puissant ! Ce mot-clé provient de la technique paradoxale de Palo Alto. En disant juste “pistache”, tout le monde rigole, ce qui crée de la bonne ambiance, et la personne concernée a le message à 100% sans se sentir ni critiquée ni dévalorisée.
Se dévaloriser, c’est aussi dévaloriser les autres
D’abord, quand on se dévalorise soi-même, ce n’est évidemment pas cool pour soi, mais ce n’est pas cool pour les autres, pour notre entourage non plus.
Professionnellement, si je me dévalorise, cela dévalorise les personnes qui travaillent avec moi, puisqu’elles travaillent avec quelqu’un qui n’est pas bien. Donc cela dévalorise vos proches professionnels, vos équipes, vos managers, vos clients, les gens qui vous font confiance, qui vous aiment, et qui apprécient votre travail.
Si vous ne le faites pas pour vous, faites-le pour les autres.

Ateliers à Paris
Je commence par l’écouter sans le contredire trop vite. Valider ce que l’autre ressent — sans dramatiser ni corriger — ouvre un espace de confiance.
Ensuite, je reformule les faits pour l’aider à voir les choses autrement : “Tu dis que tu n’as pas assuré, mais tu as géré cette crise seule, en urgence. Tu te rends compte de ça ?”
Ce n’est pas une question de compétence. Beaucoup de femmes leaders que j’accompagne ont intégré des croyances limitantes : ne pas faire trop de bruit, ne pas déranger, rester modeste. Ces conditionnements renforcent des mécanismes de dévalorisation, même chez les plus performants. Et c’est là qu’on peut les aider, avec douceur et clarté.
Non. Aller trop vite vers des phrases comme “Mais non, tu n’es pas nul !” peut bloquer la conversation.
Ce que je fais plutôt, c’est l’inviter à décrire ce qu’il s’est vraiment passé. Ensemble, on regarde les faits. Et souvent, elle réalise seule que sa perception était déformée.
Je décris concrètement ce que je vois.
- “Tu as réussi à faire ça malgré les contraintes”,
- “Tu as pris une décision difficile avec courage”.
Nommer l’action sans jugement donne du poids à ce que l’autre a tendance à effacer. C’est une manière de réinjecter de la réalité face à l’auto-sabotage.
Je lui demande : “Tu te parles comme ça souvent ?”. Juste cette question, sans jugement, l’amène à prendre conscience du ton qu’elle emploie. En coaching, je travaille beaucoup sur ce langage intérieur. Mais même en dehors du coaching, on peut inviter un collègue à poser un regard plus juste sur lui-même, sans nier ce qu’il ressent.
Oui, à condition que ce soit sincère et précis. Les compliments vagues n’ont pas d’effet durable.
En revanche, un retour clair, ancré dans les faits, peut réellement contribuer à reconstruire l’estime de soi.
Je ne force rien, mais je continue à nommer ce que je vois. Parfois, j’ose même dire : “Je vois que c’est difficile pour toi de recevoir ça, et pourtant c’est vrai.”
À force, l’image de lui-même commence à se fissurer, et une autre version peut émerger. Dans une relation de confiance, ça fait bouger les choses.
Bien sûr. L’idée n’est pas de réparer l’autre, ni de prendre en charge son chemin. C’est d’ouvrir un espace où il peut se redéfinir. Et ça, c’est déjà un acte de leadership.
Ce n’est pas une obligation, mais c’est un choix possible. Si j’ai de la force et de la lucidité, je peux en offrir un peu sans m’épuiser, sans m’imposer.
- L’écouter vraiment, sans corriger.
- Revenir aux faits : “Qu’est-ce qui s’est passé exactement ?”
- Nommer ce que vous observez.
- Poser une question ouverte : “Qu’est-ce que tu as fait de bien, selon toi ?”
Les points clés à retenir
⭐ Écouter sans minimiser ce que l’autre vit
Ne pas chercher à tout de suite rassurer ou relativiser. Parfois, juste écouter vraiment, profondément, est le premier soutien.
⭐ Remettre les faits au centre
Quand un collègue dit “j’ai été nul”, je l’invite à me décrire précisément la situation. Ce que je cherche, ce sont les faits – pas le jugement émotionnel.
⭐ Nommer les compétences que vous observez chez l’autre
Par exemple : “Tu as tenu face à une situation complexe”, “Tu as su prendre une décision difficile”.
⭐ Poser des questions ouvertes qui valorisent
Des questions comme “Qu’est-ce que tu as appris de cette expérience ?” ou “Qu’est-ce qui t’a demandé du courage ?” ouvrent un espace positif.
⭐ Montrer que la dévalorisation n’est pas la vérité
On peut doucement recadrer : “Je t’entends, mais est-ce que tu n’es pas un peu dur avec toi-même ?” Cela invite à questionner l’auto-jugement.
⭐ Ne pas chercher à convaincre, mais à soutenir
Le but n’est pas de “prouver” à l’autre qu’il ou elle a tort. C’est d’offrir un autre regard, un espace où la valeur est reflétée sans être imposée.
⭐ Valoriser le chemin, pas uniquement le résultat
Quand on aide quelqu’un à voir ses efforts, sa persévérance ou sa progression, on l’aide à se reconnecter à sa propre valeur.
⭐ Offrir une présence stable et bienveillante
Souvent, la dévalorisation vient d’une peur du rejet. Être là, de manière fiable, sans jugement, c’est déjà un acte réparateur.
⭐ Éviter les comparaisons, même bien intentionnées
Dire “tu fais mieux que X” renforce l’idée que la valeur est extérieure. Ce n’est pas de ça qu’elle a besoin. Ce qu’elle a besoin d’entendre, c’est “tu es bien comme tu es”.
⭐ Encourager à se faire accompagner si besoin
Quand la dévalorisation est profonde et récurrente, proposer un espace d’accompagnement, comme le coaching, peut être une vraie ressource pour avancer.