Et si votre désir d'être irréprochable vous mettait des bâtons dans les roues ?
Vouloir trop bien faire peut parfois freiner… plutôt que propulser.
Je rencontre souvent des femmes brillantes, engagées, qui me disent : « Je veux tellement bien faire, être carré, tout prévoir… mais au final, ça bloque. »
Cette quête de perfection, si noble en apparence, peut en réalité générer de la résistance, du stress, des tensions invisibles, dans l’équipe… et en soi.
Dans cette vidéo, je vous explique pourquoi vouloir être trop bien peut devenir un frein plutôt qu’un moteur, et comment remettre du mouvement dans votre posture de leadership.
Parfois, il est contreproductif de vouloir que les autres nous trouvent super
Quand on veut trop recevoir de la reconnaissance, on peut générer de la résistance et de l’opposition, alors on se sent super mal ! Et tout ça parce qu’on veut que les autres reconnaissent notre intelligence, notre superbe capacité à travailler et toute notre valeur ajoutée.
Oui, cela arrive même aux plus intelligentes et aux plus bienveillantes d’entre nous.
Je pense à une coachée, une femme dirigeante que j’accompagne depuis quelques années. Elle a déjà fait beaucoup de travail sur elle et réussit très bien professionnellement.
Ça y est, elle vient de changer d’entreprise. Nous préparons ensemble sa prise de poste.
Pendant cette séance de coaching, elle a voulu travailler sur ce qui n’allait pas très bien dans son ancien job pour ne pas le reproduire dans son nouveau.
Sa prise de conscience par rapport à la situation était épatante ! Elle a repéré un aspect d’elle-même pas très glorieux, mais qui va l’aider à avoir de bien meilleures relations professionnelles.
Pour travailler sa posture, nous avons pris l’exemple d’un dîner de fin d’année pour l’ensemble de l’entreprise, un exemple simple pour moi car son travail est bien plus complexe.
Voici comment elle a proposé “son menu” à ses pairs :
- J’ai fait le menu comme on me l’a demandé : entrée, plat, dessert. Le voilà.
Elle l’a exprimé de façon si péremptoire, que la réaction de ses pairs a été :
- Non, ce n’est pas bien,
- Non, ce n’est pas ça dont on a envie,
- Non je n’aime pas du tout ton menu.
Elle pensait bien faire, elle avait une bonne intention, elle voulait tant qu’on lui dise :
- Bravo, tu as bien travaillé,
- Tu es intelligente,
- Tu as vraiment regardé toutes les options et les possibilités des menus et tu as trouvé le meilleur des menus possibles !
… Paroles qu’elle ne recevait jamais.

Vous connaissez le programme Woman Impact ?
Trouver la bonne posture pour faire alliance
Je lui ai proposé un jeu de rôle pour l’aider à trouver la bonne posture :
- Proposer, à la place de vouloir convaincre,
- Ne pas chercher à paraître intelligente,
- Etre plus à l’écoute des autres.
Elle peut dire alors, simplement :
- Voici ma proposition pour le menu de fin d’année : l’entrée, le plat, le dessert. Qu’en pensez-vous ?
Ainsi, les autres ont plus envie de répondre :
- Super !
- Ah, moi, je n’aime pas la dinde,
- Non, pas les coquilles saint jacques…
Dans cette posture de proposition, elle peut recevoir les remarques en se sentant bien, sans imaginer qu’elle a la meilleure solution à apporter.
Ensuite, elle peut décider seule et revenir :
- Finalement, en vous écoutant, et avec le traiteur, voilà le menu que je vous propose. C’est le mieux que je puisse faire.
Trop attendre la reconnaissance des autres vient de notre enfance
Soulagée de comprendre comment elle va pouvoir faire autrement, elle fait ensuite un lien avec son enfance : sa grande sœur recevait toujours plus de reconnaissance de ses parents :
- Tu es intelligente,
- Tu as bien travaillé…
Elle aussi était intelligente et travaillait aussi bien que sa grande sœur, mais ses parents ne le reconnaissaient pas – ou en tout cas, elle percevait que ses parents donnaient plus à sa sœur.
Pendant des années, au travail, elle cherchait cette réassurance qu’elle aurait tant aimé entendre enfant. Et même, si elle l’entendait adulte, jamais cela ne comblera cette immense blessure d’enfance.
Maintenant, elle a compris qu’elle peut se donner elle-même cette reconnaissance :
- Elle est sûre d’être intelligente,
- Elle sait qu’elle sait faire de bonnes analyses,
- Elle sait qu’elle apporte de la valeur ajoutée…
Ainsi, elle peut être tranquillement dans le lien, en proposant, sans vouloir convaincre. Sans générer de résistance.
C’était une super séance de coaching, elle va démarrer sa prise de poste sur une nouvelle base :
- Je vous propose des choses, dites-moi ce que vous en pensez.
- En sachant qu’elle est intelligente et travaille bien, qu’elle apporte de la valeur ajoutée.
Je ne sais pas si cela vous parle, je trouve ça génial de réaliser que parfois, on n’a pas une super posture, même si on a une bonne intention, et d’avoir la capacité d’apprendre à faire autrement.
Je l’ai longtemps vécu moi-même : je coche toutes les cases, je donne tout… et pourtant, ça n’avance pas. C’est souvent un signe que je cherche à tout maîtriser pour éviter un inconfort. Mais cette hyper-maîtrise peut figer l’énergie. Je vois souvent ce schéma : le « trop bien » devient une forme de contrôle… et génère de la résistance autour de moi.
Oui. Quand je veux que tout soit parfait, fluide, propre, cadré… je peux sans le vouloir imposer un niveau d’exigence qui fait peur, ou qui empêche mes collaborateurs de proposer des idées imparfaites, mais vivantes.
Elle vient souvent de loin. Une éducation valorisant l’excellence, une peur du jugement, ou la sensation d’avoir quelque chose à prouver en tant que femme. Dans mes ateliers de développement personnel, je guide souvent des femmes à identifier l’origine de cette loyauté invisible. Car ce besoin de bien faire cache souvent un désir profond : celui d’être aimée, reconnue, légitime.
Quand je suis dans la fluidité, je sens que l’énergie circule, même s’il y a des imprévus. Quand je suis dans le « trop », je ressens de la tension, une fatigue mentale, et parfois de l’agacement envers les autres. C’est un bon indicateur que je cherche à « gérer » au lieu de « co-créer ». Le coaching apprend à repérer ces signaux corporels avant qu’ils ne deviennent des blocages profonds.
Parce que le regard social sur les femmes, surtout dans les postes de direction, reste très exigeant. Je retrouve souvent ce même mécanisme : les femmes doivent prouver qu’elles sont compétentes, douces mais fermes, inspirantes mais pas trop ambitieuses. Alors, en surcompense, et parfois, on s’épuise.
Non, au contraire. Quand j’accepte de moins être dans la perfection et plus dans la présence, je gagne en leadership. Je deviens plus vraie. Et les autres se sentent autorisés à être eux-mêmes. C’est un vrai levier de transformation, que je travaille souvent dans mes séances de coaching individuel.
Cette peur est très fréquente. Et pourtant… c’est souvent en relâchant qu’on libère l’intelligence collective. Le premier pas, c’est de m’autoriser à observer cette peur sans chercher à la fuir. Ensuite, je peux tester, par petits bouts, un leadership plus vivant, plus connecté. Cela demande du courage, mais c’est libérateur.
En me reconnectant à mon intention profonde. Pourquoi je fais ce que je fais ? Qu’est-ce qui m’anime, vraiment ? Ce sont des questions puissantes que je propose dans mes accompagnements. Elles permettent de sortir du « faire bien » pour revenir au « faire juste ».
Se faire coacher n’est pas une obligation. Mais si je sens que je tourne en rond, que je me mets trop de pression, ou que je m’autocensure… alors oui, un accompagnement peut m’aider à ouvrir une nouvelle voie. Le coaching, ce n’est pas une solution miracle, mais un espace pour ralentir, prendre conscience, et choisir en conscience ce que je veux vraiment nourrir dans ma vie de femme leader.
- Commencer à respirer.
- Puis m’autoriser à faire une chose imparfaite. Une petite chose. exemple : Dire « je ne sais pas ».
- Accepter un moment flou.
- Et voir que le monde ne s’effondre pas. Au contraire, il respire un peu plus avec moi.
Les points clés à retenir
⭐ Le « trop bien » peut bloquer le mouvement
Vouloir tout faire parfaitement, avec rigueur et anticipation, peut créer l’effet inverse : au lieu de fluidifier les relations et les projets, cela les fige.
⭐ La perfection génère parfois de la résistance
Une posture trop lisse ou trop contrôlante peut éveiller de l’inconfort ou du réplique chez les autres. Ce n’est pas un rejet, mais un signe que quelque chose ne respire plus.
⭐ Ce besoin de bien faire cache souvent une peur
Peur de mal faire, d’être jugée, de ne pas être à la hauteur… Derrière l’exigence se cache une vulnérabilité qu’il est essentiel de reconnaître et d’écouter.
⭐ Le corps donne des signaux quand ça ne circule plus
Fatigue, tensions, irritabilité, lourdeur… Le corps alerte bien avant que le mental comprenne. Ces signaux doivent être pris au sérieux dans tout parcours de leadership.
⭐ Le vrai leadership passe par la présence, pas la perfection
C’est en étant pleinement présente, y compris dans mes zones de flou ou de doute, que je crée une autorité naturelle, vivante, humaine.
⭐ Relâcher le contrôle, ce n’est pas tout lâcher.
C’est choisir consciemment ce que je laisse respirer, ce que j’autorise à émerger. C’est aussi faire confiance à l’intelligence du collectif.
⭐ Ce mécanisme touche particulièrement les femmes
Les injonctions sociales à être compétentes, douces, performantes et irréprochables à la fois sont encore très présentes, notamment dans les environnements professionnels.
⭐ Sortir du « trop bien » est un chemin de libération.
Il ne s’agit pas de devenir négligente, mais de retrouver sa juste place. C’est un processus que j’accompagne souvent en coaching, pour reconnecter à une posture de leadership plus alignée, plus fluide, plus joyeuse.