Comment dépasser le syndrome de la perfection ?
Comment fait-on avec ce syndrome de la perfection quand on pense qu’on n’est pas assez capable, que ce qu’on fait n’est jamais assez bien, et que cela nous bloque, nous empêchant de prendre des risques et d’oser faire des choses nouvelles ?
Cela peut être épuisant, même à 50 ans. Je pense notamment à une femme de 60 ans qui se lance dans une nouvelle activité. Elle est formidable et ce qu’elle propose est vraiment chouette. Elle est déjà dans sa zone de génie et ça commence à marcher. Le bouche à oreille est là, les gens sont intéressés par son offre. Tout va bien en apparence, mais pourtant, la nuit, elle se réveille angoissée, avec des peurs du genre :
- Et si ça ne marche pas ?
- Et si personne ne vient ?
- Et si personne n’est intéressé ?
- Je ne vais pas y arriver…
- Je ne vais pas réussir…
Les peurs et les angoisses qui nous bloquent aujourd’hui peuvent remonter à l’enfance
En coaching, nous avons exploré ses angoisses et ses craintes qui remontent à l’enfance. Je lui ai partagé le nouveau concept du syndrome post-traumatique fait de plein de petits épisodes de micro-trauma. Après un grand traumatisme, on peut être impactée pendant plusieurs années, voire toute notre vie. La recherche a montré récemment que des petits traumatismes répétitifs peuvent donner aussi le même syndrome post-traumatique et nous impacter toute notre vie si on n’en prend pas conscience.
Notamment les mini trauma à répétition que peuvent être les reproches et critiques d’un parent hyper exigeant. Enfant, quand on a un parent exigeant qui pense que ce n’est jamais assez bien, qui veut qu’on soit toujours la première, la meilleure. Quand on arrive avec un 19 : Pourquoi tu n’as pas eu 20 ? ou quand on est la deuxième : pourquoi tu n’es pas la première ? Tous les jours la peur de ne pas être à la hauteur, tous les jours des petits coups qui font une grande rivière à la fin.
Quand on est enfant, tout est engrammé beaucoup plus pour le reste de notre vie. Ces micro-traumatismes répétés laissent des traces profondes. Même à 50 ou 60 ans, notre enfant intérieur est toujours là.
Stage Imaginer
Reconnaître l’impact de ces mini traumatismes à répétition
Ma coachée a pu identifier que ses peurs venaient de l’un de ses parents. Quand elle en parle avec lui aujourd’hui, il répond souvent : “C’était pour ton bien, regarde où tu en es maintenant, tu as bien réussi !”
Il faudra juste se souvenir que quand on aura 80 ans et que nos enfants viendront nous dire : quand j’étais petit, tu faisais ceci, cela…et cela me fait encore mal, ne pas leur dire : “C’était pour ton bien”. Mais plutôt : “Je suis désolée qu’il y ait encore des impacts aujourd’hui. Je ne savais pas, et si j’avais su, j’aurais fait autrement et je suis vraiment désolée que tu aies pu en souffrir enfant et encore aujourd’hui.”
Il faudra s’en souvenir parce qu’en tant que parent, on a tendance à être sur la défensive en disant : “J’ai fait du mieux que j’ai fait. Arrête de te plaindre…” et cette posture n’est pas aidante du tout !
Ce qui est aidant, c’est reconnaître l’impact de nos actions avec empathie, sans se justifier, juste, reconnaître qu’on a m*erdé et qu’on en est désolée.
Gérer les angoisses grâces à des techniques simples
Nous avons aussi regardé concrètement des techniques pour gérer ses angoisses.
Écrire ses peurs dans un carnet quand on se réveille la nuit permet de les déposer et de pouvoir se rendormir. En fait, avec la peur, notre cerveau reste dans la peur parce qu’il croit que s’il arrête de nous faire peur, on va oublier que le danger est là. Donc le noter permet de déposer sa peur, ses craintes et de retrouver assez de tranquillité pour se rendormir.
Par contre, se dire : “Mais si ça va marcher…” est stressant car rien n’est jamais certain. C’est comment si je disais : il va faire beau, alors que je ne connais pas le temps qu’il fera. Peut-être qu’il va pleuvoir. Il vaut mieux adopter une attitude plus réaliste : “Il y a des grandes chances que ça marche, mais si ça ne marche pas, je trouverai les ressources pour y faire face.” Quand elle était petite, face à ses parents, elle n’avait pas les ressources pour leur dire : “Deuxième ou troisième de la classe, c’est très bien aussi. On n’est pas obligé d’être toujours la première.”
Aujourd’hui, elle peut se dire que si cela ne fonctionne pas, qu’elle a des ressources qu’elle n’avait pas enfant. Aujourd’hui, elle est adulte.
Quand on a peur de ne pas réussir, se brancher sur l’envie de réussir
Une autre technique est de retourner la médaille de “la peur de ne pas y arriver”.
Plutôt que de rester avec ces peurs :
-> Et si je ne réussis pas ?
-> J’ai peur que ça rate,
-> J’ai peur qu’ils ne soient pas contents,
-> J’ai peur de ne pas être assez bonne…,
je propose de retourner la médaille et de se connecter à notre très grande envie de réussir :
-> J’ai envie de réussir !
-> J’ai tellement envie que ça marche !
-> J’ai envie que les gens apprécient ce que je fais !
Et là, ça nous donne plein d’énergie.
C’est l’enfant libre en nous qui s’exprime alors, avec énergie et ambition. C’est l’autre côté de la médaille et ce n’est pas du tout la même énergie.
On est dans la “permission de réussir” et plus dans ‘l’obligation de réussir”, car c’est l’obligation qui nous bloque alors que la permission nous libère.
C’est tout ce que je vous souhaite, que vous puissiez vous brancher sur votre envie de réussir vos projets, pour votre 3e trimestre de vie, après la cinquantaine, quand vous vous sentez bien dans votre vie, que vous avez récupéré du temps. Que vos prochaines années soient les plus belles.
Je le vois très souvent en coaching : ce n’est pas le manque de compétences qui bloque, c’est la peur de ne pas être “assez”.
Vous êtes concernée si vous attendez que tout soit parfait avant de vous lancer, si vous doutez constamment de ce que vous faites, ou si vous remettez à plus tard des projets qui comptent pour vous.
Le perfectionnisme donne l’illusion d’exigence, mais en réalité, il freine le passage à l’action. Et dans un parcours de leadership ou de reconversion, c’est souvent ce qui empêche d’oser se lancer.
Extérieurement, tout fonctionne : les résultats sont là, les retours sont positifs, le bouche-à-oreille se développe…
Mais intérieurement, les peurs restent très présentes :
“Et si ça ne marche pas ?”
“Et si je ne suis pas à la hauteur ?”
Ce décalage vient souvent d’anciens schémas ancrés, qui n’ont rien à voir avec votre réalité actuelle. Votre cerveau fonctionne encore comme si vous étiez en danger, alors que vous êtes aujourd’hui compétente et capable.
Dans mon expérience de coach en leadership féminin, ces pensées trouvent souvent leur origine dans l’enfance.
Des remarques répétées, une exigence très forte, des attentes élevées… peuvent créer une pression durable.
Ce ne sont pas forcément de “grands traumatismes”, mais plutôt une accumulation de petits événements répétés.
Avec le temps, cela construit une croyance profonde : quoi que je fasse, ce ne sera jamais suffisant.
Et cette croyance peut encore être active à 50 ou 60 ans, notamment lors d’une reconversion ou d’un nouveau projet professionnel.
Oui, et c’est un point clé que j’explore souvent en coaching.
Les recherches en psychologie montrent que des micro-traumatismes répétés peuvent avoir un impact similaire à un événement plus marquant.
Quand on est enfant, on enregistre beaucoup plus intensément.
Si l’on a grandi avec une exigence constante ou des critiques récurrentes, cela peut laisser des traces durables.
C’est pour cela que, même en étant aujourd’hui une femme expérimentée et compétente, certaines peurs peuvent rester très actives.
Je recommande souvent des techniques simples, très concrètes, issues du coaching et du développement personnel.
Par exemple, écrire ses peurs dans un carnet.
Cela permet de “déposer” les pensées au lieu de les garder en boucle dans sa tête. Le cerveau comprend alors qu’il n’a plus besoin de maintenir l’alerte.
Une autre approche consiste à adopter une pensée plus réaliste :
plutôt que “ça va forcément marcher”, se dire
“il y a de fortes chances que ça fonctionne, et si ce n’est pas le cas, je saurai faire face.”
Cela réduit fortement la pression.
Le vrai changement, ce n’est pas de supprimer le perfectionnisme, mais de changer votre relation à l’action.
Je travaille beaucoup sur cette idée :
vous n’avez pas besoin d’être prête à 100% pour avancer.
Vous pouvez agir avec 60% de certitude.
C’est même souvent comme cela que les projets prennent vie.
Je vous invite à vous rappeler une chose essentielle :
vous avez aujourd’hui des ressources que vous n’aviez pas plus jeune.
De l’expérience, du recul, une capacité d’adaptation, une intelligence relationnelle…
Tout cela constitue une base extrêmement solide.
Le coaching permet justement de reconnecter avec ces ressources pour sécuriser le passage à l’action.
La peur de ne pas réussir est souvent le miroir d’une vraie envie de réussir.
Derrière :
“Et si ça ne marche pas ?”
il y a souvent :
“J’ai vraiment envie que ça marche.”
Quand vous basculez de la peur vers le désir, l’énergie change complètement.
Vous passez d’une posture de protection à une posture de création.
Je vous propose de faire un simple basculement :
Au lieu de rester focalisée sur :
“Je ne veux pas échouer”
Revenez vers :
“J’ai envie que ça fonctionne”
“J’ai envie que les gens apprécient ce que je propose”
C’est cette énergie qui permet d’oser, de créer, et de développer votre activité.
Les points clés à retenir
⭐ Le perfectionnisme peut devenir un frein majeur qui empêche d’oser se lancer, même lorsque tout est prêt et que l’activité fonctionne déjà.
⭐ Il est possible d’avoir des résultats concrets (clients, intérêt, bouche-à-oreille) tout en restant bloquée intérieurement par des peurs et des doutes.
⭐ Le sentiment de ne jamais être “assez capable” ou “assez bien” ne reflète pas la réalité actuelle mais des schémas anciens.
⭐ Des micro-traumatismes répétés dans l’enfance (exigence, pression, critique) peuvent laisser des traces durables à l’âge adulte.
⭐ L’enfant intérieur reste actif toute la vie et peut continuer à influencer les réactions, même à 50 ou 60 ans.
⭐ Identifier l’origine de ses peurs permet de mieux comprendre ses réactions et de reprendre du pouvoir sur ses actions.
⭐ Reconnaître l’impact de ses comportements avec empathie est essentiel, notamment dans les relations parents-enfants.
⭐ Écrire ses peurs permet de calmer le mental et de sortir du cycle d’angoisse, notamment la nuit.
⭐ Adopter une pensée réaliste (plutôt que positive ou catastrophique) aide à réduire la pression et à sécuriser le passage à l’action.
⭐ À l’âge adulte, vous disposez de ressources que vous n’aviez pas enfant, ce qui change votre capacité à faire face aux situations.
⭐ La peur de l’échec et l’envie de réussir sont les deux faces d’une même réalité.
⭐ Se reconnecter à son envie (plutôt qu’à sa peur) permet de retrouver de l’énergie, de l’élan et d’oser avancer.



