Les femmes ont tendance à en faire trop, dans leur vie professionnelle
Moins travailler pour mieux travailler, c’est une permission intéressante et importante à se donner, après 50 ans, et encore plus après.
Je vois à quel point ce n’est pas facile pour la plupart des femmes d’arrêter d’être à fond, au travail. Ça n’a pas été forcément facile pour moi, puis je le vois aussi pour mes coachées.
Est-ce très féminin ? Est-ce très humain ? Est-ce une conséquence de notre éducation, de notre société ?
Oui, c’est très, trop, féminin de prendre en charge les autres, de travailler quand ils n’ont pas bien travaillé, vouloir prouver en faisant beaucoup, prouver qu’on est bonne, prouver qu’on a une place dans le monde professionnel.
Et puis aussi, c’est difficile de lever le pied quand on est excellente et que ça marche bien et qu’on se dit qu’il faut en faire plus, comme si ce n’était jamais assez.
Je ne sais pas si ça vous parle, mais moi, ça m’a parlé et je le vois aussi pour mes coachées.
Est-ce une stratégie gagnante pour vous, de rattraper les erreurs des autres et de travailler à leur place ?
Cela m’attriste de voir une femme de 50 ans,réussissante, intelligente, qui maîtrise ses sujets, qui aime apprendre, qui est toujours en train d’évoluer… et quand il y a un de ses collaborateurs a mal fait quelque chose, au lieu de lui dire de retravailler pour que ce soit bien fait, c’est elle qui va se mettre à travailler à sa place, faire son travail à lui en plus du travail qu’elle a à faire alors qu’elle est dirigeante.
Elle pourrait tout simplement lui demander de retravailler, ou elle pourrait décaler la date de la réunion en disant : En tant que leader, je vois qu’il y a encore besoin de plus de temps.
Au lieu de ça, elle ne se donne pas cette permission, elle prend sur elle.
Je la comprends totalement et je suis pleine d’empathie. En même temps, ça me rend triste qu’elle pense être obligée de combler les erreurs des autres, qu’elle ne se donne pas la permission d’être pleinement elle-même, dirigeante, leader, et de faire travailler les autres. Pour être encore plus dans sa zone de génie à elle !
Moins travailler pour mieux travailler
Moins travailler, ce n’est vraiment pas facile quand on réussit. Je pense à une autre coachée entrepreneuse, elle a sa boîte depuis 15 ans, elle adore ça et elle est faite pour travailler. D’ailleurs, ça marche bien.
Bien sûr, il y a des difficultés, les crises économiques, les problèmes avec son équipe, avec ses clients. Il y a toujours des crises et des challenges. En même temps, elle surmonte ça et ça marche. Et elle travaille énormément. Trop. Et là, elle me dit pendant qu’on se baignait dans la mer ce matin: ”Ah, je pense que je commence enfin à comprendre que je peux vraiment moins travailler et que ça va être bien. “
Ça m’a fait trop plaisir pour elle, de voir qu’en laissant de l’espace, elle peut faire des choses créatives, elle peut créer des projets, peut-être avec son mari ou avec d’autres personnes, elle peut être active, efficace et avoir de l’impact dans de nouvelles choses où il y a moins de lassitude et où c’est peut-être plus facile et plus nourrissant pour elle.
Elle n’a plus rien à prouver. C’est ce que je lui ai dit : on n’a plus rien à prouver et c’est reposant et agréable.
Du coup, que fait-on quand on n’a plus rien à prouver ? C’est vraiment tout ce chapitre du troisième trimestre de vie. Je pense à vous – et vous non plus n’avez plus rien à prouver 🙂
Je vois souvent des femmes extrêmement compétentes qui continuent à vouloir démontrer qu’elles méritent leur place. Beaucoup ont été éduquées à être irréprochables, utiles et fortes, surtout dans le leadership au féminin en entreprise. Même après une belle carrière, ce réflexe peut rester très présent.
Certaines femmes leaders ont tellement le sens des responsabilités qu’elles préfèrent refaire elles-mêmes plutôt que demander à quelqu’un de recommencer.
Cela peut donner l’impression d’être efficace sur le moment, mais cela crée souvent de l’épuisement et une surcharge mentale durable.
Je pense que cela commence par une permission intérieure : celle de ne plus devoir mériter sa valeur par l’effort permanent. Beaucoup de femmes autour de la cinquantaine découvrent qu’elles peuvent garder de l’impact sans être en suradaptation constante. Cela demande souvent un vrai travail de repositionnement professionnel et personnel.
Oui, et je le vois chez beaucoup de femmes que j’accompagne. Quand on laisse plus d’espace, il y a souvent plus de créativité, de vision stratégique et d’énergie pour les projets importants. Travailler moins ne veut pas forcément dire moins réussir.
Parce que beaucoup de femmes ont appris à être fiables, performantes et à anticiper les besoins des autres. Déléguer peut donner l’impression de perdre le contrôle ou de déranger. Pourtant, savoir faire travailler les autres est une vraie compétence de dirigeante.
Pour moi, cela veut dire arrêter de chercher sa légitimité dans l’hypertravail ou dans le regard des autres. Beaucoup de femmes arrivent à un moment de leur vie professionnelle où elles ont déjà démontré leur valeur depuis longtemps. Le défi devient alors de construire une vie plus alignée, plus fluide et parfois plus douce.
Parce qu’elles continuent souvent à fonctionner comme si tout reposait sur elles.
Entre la charge mentale, les responsabilités professionnelles et le besoin de bien faire, l’épuisement peut arriver même quand on aime profondément son métier.
Je vois souvent que cela revient quand une femme arrête d’être uniquement dans la gestion des urgences. Quand il y a un peu plus d’espace mental, de nouvelles idées émergent naturellement : nouveaux projets, transmission, création, collaboration ou développement personnel. Après 50 ans, beaucoup de femmes ont envie d’un travail plus vivant et plus choisi.
Parce qu’il y a souvent une vraie transition intérieure autour de la cinquantaine. Beaucoup de femmes commencent à se demander comment elles veulent vivre les 15 ou 20 prochaines années de leur carrière sans s’épuiser davantage. C’est une période clé pour redéfinir son leadership, son rythme et ses priorités.
Quand tout repose sur vous, que vous avez du mal à ralentir ou que vous culpabilisez dès que vous levez le pied, cela peut être un signal. Je crois que beaucoup de femmes performantes ne réalisent même plus à quel point elles sont dans l’effort permanent. Prendre conscience de cela peut déjà transformer beaucoup de choses.
Les points clés à retenir
✅ Beaucoup de femmes continuent à vouloir prouver leur valeur même après une carrière réussie.
✅ Le besoin d’en faire toujours plus peut venir de l’éducation, des normes sociales ou du leadership au féminin en entreprise.
✅ Certaines femmes dirigeantes compensent les erreurs des autres au lieu de les responsabiliser.
✅ Refaire le travail des collaborateurs crée souvent de la surcharge mentale et de l’épuisement professionnel.
✅ Être leader, c’est aussi accepter de demander aux autres de retravailler ou de prendre plus de temps.
✅ Beaucoup de femmes expérimentées ont du mal à se donner la permission de moins travailler.
✅ Travailler moins peut permettre de retrouver de la créativité, de l’énergie et une nouvelle vision professionnelle.
✅ Après 50 ans, certaines femmes commencent à chercher une manière de travailler plus fluide et plus alignée.
✅ Il est possible d’avoir de l’impact sans être dans l’effort permanent.
✅ Le troisième trimestre de vie professionnelle amène souvent une réflexion sur le sens, le rythme et les priorités.
✅ Ne plus avoir rien à prouver peut devenir une forme de liberté professionnelle et personnelle.



