Comment arrêter de s’épuiser dans sa vie professionnelle ?
C’est une question que j’ai traitée plusieurs fois en coaching, lors de cette rentrée : comment arriver à en faire moins ?
Plusieurs de mes coachées m’ont dit :
- Je sais que j’en fais trop au travail et ça me fatigue.
- Je sais que j’ai besoin d’en faire moins, mais je ne sais pas comment faire.
- Je ne sais pas dire non.
- J’ai peur de décevoir, je ne sais pas faire autrement…
- Je sais que si je recommence comme l’année dernière, comme les années d’avant, je vais m’épuiser.
C’est une problématique courante, surtout chez les femmes, en tout cas je la vois beaucoup chez mes coachées, et encore plus à la rentrée parce qu’on a envie de moins travailler : ça a été bien pendant les vacances, on s’est allégées pendant l’été, et là, boum, la rentrée et le trop : le trop de travail, le trop en faire.
En faire plus pour prouver sa place au travail ?
Il y a différentes solutions au problème “d’en faire trop”. Personne n’est identique et en même temps, il y a des grandes tendances :
Surtout le fait que, dans le monde professionnel, dans l’inconscient collectif, la place des femmes est encore à la maison, donc il faut qu’elles prouvent qu’elles méritent leur place au bureau. Alors, elles ont tendance à en faire trop. C’est bien de savoir que c’est un problème de société, même si cela ne le règle pas ! Mais ça permet de déculpabiliser un peu de ne pas arriver à en faire moins…
Après 50 ans, on n’a plus rien à prouver professionnellement
Ensuite, au niveau personnel, ça peut être intéressant de savoir que quand on a commencé notre vie professionnelle dans un monde où on en faisait beaucoup, justement, pour montrer qu’on était à notre place, pour prouver qu’on savait le faire, en fait, il n’y a plus besoin de prouver après 50 ans.
On sait que vous savez faire, que vous maîtrisez.
Et même si vous démarrez quelque chose de nouveau, vous savez vous reconvertir, vous savez faire des choses nouvelles, donc vraiment vous pouvez vous donner la confiance que vous n’avez plus rien à prouver.
Et c’est là où ça devient intéressant :
Comment je continue à travailler quand je n’ai plus rien à prouver ? Qu’est-ce qui va vraiment m’exciter ? Qu’est-ce qui va me donner de l’énergie ?
Afin de pouvoir se concentrer là-dessus, et arrêter le reste.
En faire trop pour obtenir de la reconnaissance ?
Parfois, on en fait trop et on ne sait pas s’arrêter car on veut être la préférée. La préférée du N+1, du N+2, du président, ou du client. Et donc en faire encore plus et penser que plus je vais travailler, plus je vais être sage, plus je vais être parfaite, plus je vais être aimée et appréciée, et plus je serai la préférée.
Vouloir être aimée, vouloir être appréciée, c’est totalement normal. On a toutes envie d’être aimées et appréciées, et c’est OK. Il vaut mieux souhaiter l’être auprès des gens qu’on apprécie aussi, plutôt qu’auprès de tous, bien sûr. Mais vouloir être la meilleure etou vouloir être la préférée, ça c’est bancal.
Après on peut se demander :
Qu’est-ce que je cherche comme médaille ?
Si je travaille autant, après quelle médaille je cours ?
- La médaille de la femme qui travaille le plus au monde ?
- Celle qui réussit le plus ?
- Celle qui contribue le plus ?
Et OK, une fois que j’aurai cette médaille, à quoi elle va me servir ?
Et est-ce que je l’aurai un jour ? Après quoi je cours ? Est-ce qu’elle va me servir vraiment ?
Expérimenter pour s’autoriser à en faire moins et ne plus s’épuiser
Une fois qu’on se rend compte qu’il y a quelque chose qui ne va pas, c’est la moitié du chemin qui est déjà là. L’autre moitié, c’est arriver à changer. Or ça peut prendre du temps de changer des habitudes qui sont ancrées depuis dix ans, vingt ans, trente ans de carrière.
Oui, vous savez que vous en faites trop.
Oui, vous avez envie de ralentir.
Oui, vous en avez marre de vous épuiser.
Oui, vous en avez assez de faire des choses qui ne vous vont pas…
C’est super, bravo d’avoir cette prise de conscience, c’est la moitié du chemin.
Et l’autre moitié va prendre du temps. Du temps pour :
- expérimenter ce qui vous va, ce qui ne vous va pas,
- savoir que vous avez le droit de demander de l’aide,
- récupérer le droit de déléguer,
- se donner la permission de ne plus être obligée d’être forte et de tenir,
- ni d’être parfaite,
- arriver à faire les choses à 80 %, parfois…
- ne plus faire plaisir à tout le monde,
- apprendre à être égoïste,
- à envoyer bouler les urgences des autres qui ne sont pas vos urgences à vous,
- pour arrêter de faire des efforts
- et arrêter de faire des choses qui ne vous plaisent pas en pensant que plus vous allez en faire, plus vous allez réussir, mais non, ça va vous couper plutôt du plaisir dans le travail, ça va drainer votre énergie.
Il y a beaucoup de choses que vous pouvez mettre en place pour travailler d’une façon qui vous convient.
Je vous encourage à chercher, à trouver, à tester des trucs, à faire la liste de ce qui ne marche pas et continuer à chercher ce qui va marcher, parce que ça peut prendre du temps de changer.
L’important, c’est votre envie de changer. Cette prise de conscience que vous pouvez y arriver et je trouve ça formidable.
C’est tout ce que je vous souhaite en cette rentrée, c’est avoir la conscience de ce qui vous va et ce qui ne vous va pas, et la confiance qu’ensuite, ça peut prendre du temps, mais que vous allez arriver à changer.
Je constate souvent en coaching que derrière le besoin d’en faire toujours plus se cache celui de prouver sa valeur, sa compétence ou sa légitimité. Pour une femme leader, dirigeante ou entrepreneuse, identifier ce mécanisme permet déjà de commencer à distinguer ce qui est vraiment nécessaire de ce que l’on fait pour être reconnue ou appréciée.
Je vous invite à observer votre fatigue, votre charge de travail, mais aussi tout ce que vous acceptez alors que vous aimeriez dire non, déléguer ou arrêter.
Si votre travail prend beaucoup d’énergie et vous éloigne de plus en plus de ce que vous aimez faire et de votre zone de génie, cela mérite de vous interroger.
Dire non peut être difficile quand on associe inconsciemment le fait d’être disponible, parfaite ou serviable au fait d’être appréciée.
Je travaille beaucoup cette question en coaching : apprendre à poser ses limites sans croire que l’on perd sa valeur professionnelle.
Les raisons peuvent être multiples et propres à chacune : son histoire personnelle, son éducation, sa place dans la famille, son parcours professionnel ou encore le contexte dans lequel elle a commencé sa carrière.
Je trouve intéressant de chercher ce qui vous pousse personnellement à travailler autant plutôt que de considérer que cette façon de fonctionner fait simplement partie de votre personnalité.
Après 50 ans, vous avez déjà derrière vous des années d’expérience, de compétences, de réussites, d’échecs et d’apprentissages qui peuvent vous permettre de travailler autrement. Dans ce troisième trimestre de votre vie professionnelle, la question peut devenir moins « qu’est-ce que je dois encore prouver ? » que « qu’est-ce que j’ai vraiment envie de faire maintenant ? ».
Je conseille de commencer par de petites expérimentations : déléguer une tâche, refuser une demande, ne pas répondre immédiatement à une urgence qui n’est pas la vôtre ou accepter de faire certaines choses à 80 %.
En faire moins ne signifie pas forcément moins réussir : cela peut aussi vouloir dire mieux choisir où mettre votre temps, votre énergie et vos compétences.
Vous pouvez commencer par décider consciemment quelles missions méritent réellement 100 % de votre énergie et lesquelles peuvent très bien être réalisées à 80 %, voire déléguées.
Dans mes accompagnements en coaching pour les femmes, cette permission est importante pour sortir progressivement du perfectionnisme et retrouver davantage de liberté professionnelle.
Votre zone de génie correspond aux activités dans lesquelles vos talents peuvent pleinement s’exprimer et qui ont du sens pour vous.
Je vous invite à regarder ce qui vous donne de l’énergie dans votre travail, puis à chercher comment lui donner davantage de place en réduisant, déléguant ou arrêtant certaines activités qui vous épuisent.
Oui, mais je pense qu’il est important de se donner du temps, car des habitudes professionnelles installées depuis des décennies ne disparaissent pas du jour au lendemain.
Le coaching et le développement professionnel peuvent justement offrir un espace pour expérimenter de nouvelles façons de travailler, observer ce qui fonctionne et ajuster progressivement.
Pour moi, la réussite ne devrait pas se mesurer au nombre d’heures travaillées ni à la quantité d’efforts fournis, mais aussi à la capacité à choisir ce qui compte vraiment.
Développer son leadership, c’est aussi apprendre à demander de l’aide, déléguer, poser ses limites et consacrer davantage d’énergie aux missions où l’on apporte le plus de valeur.
Les points clés à retenir
✅ En faire trop au travail peut conduire à l’épuisement, surtout lorsque cette habitude dure depuis des années.
✅ Prendre conscience que l’on en fait trop est déjà une première étape vers le changement.
✅ La peur de décevoir peut empêcher de dire non et de poser ses limites.
✅ Certaines femmes peuvent avoir le sentiment de devoir en faire davantage pour prouver leur légitimité professionnelle.
✅ Après 50 ans, on peut s’autoriser à considérer que l’on n’a plus rien à prouver professionnellement.
✅ Chercher à être aimée, appréciée ou « la préférée » peut pousser à travailler toujours plus et épuiser.
✅ Se demander quelle reconnaissance ou quelle « médaille » on cherche permet de comprendre pourquoi on en fait autant.
✅ Déléguer, demander de l’aide et accepter de ne pas être parfaite permettent progressivement d’en faire moins.
✅ Se concentrer davantage sur sa zone de génie aide à consacrer son énergie à ce qui compte vraiment.
✅ Changer des habitudes professionnelles installées depuis 10, 20 ou 30 ans prend du temps : l’important est d’expérimenter et d’avancer progressivement.



